Samedi à Fougères, les Ramaougeries de pommé feront la fête en ville

Samedi à Fougères, les Ramaougeries de pommé feront la fête en ville

C’est la pleine saison des pommes dans le pays de Fougères. L’association les Ramaougeries de pommé vient faire découvrir son trésor aux Fougerais, samedi devant la médiathèque.


Les amis des Ramaougeries de pommé sont en pleine récolte et lancent leur nouvelle étiquette. (©Chronique républicaine)

Par Hervé Pittoni Publié le 9 Octobre 20 à 7:02 

Les nouvelles étiquettes sont là, dans l’arrière salle d’Hubert Laizé, quelque part dans la campagne du Coglais. Pour vous ça n’a l’air de rien, mais pour eux ça veut dire beaucoup. Malgré la Covid, l’année 2020 marque une nouvelle étape pour la pomme dans le Pays de Fougères. Nouvelle étape pour le pommé, plutôt, légendaire réduction de pomme et de cidre qu’une association entreprend de valoriser depuis 2017.

À lire aussi

Dans 10 ans, 1000 pommiers en plus

Les Ramaougeries de pommé, c’est un groupe de passionnés qui, saison après saison, donnent de nouvelles lettres de noblesse au beurre des pauvres de jadis. Un met que désormais des cuisiniers utilisent dans leurs recettes, un met que l’on espère voir un jour labellisé Appellation d’Origine Protégée.

Le dossier est en cours d’instruction à l’Institut National des Appellations d’Origine (INAO). Au point que les Normands sont jaloux de l’initiative bretonne !

Un met dont Les Ramaougeries de Pommé veulent faire un atout économique pour le Pays de Fougères. Une vraie filière avec son amont et son aval.

En amont : les propriétaires de vergers, existants et à venir.

Hubert Laizé et Henri-Pierre Rouault, deux des animateurs des Ramaougeries, annoncent :

« Nous tablons sur mille nouveaux pommiers plantés d’ici dix ans, sur dix hectares. Avec l’aide de jeunes agriculteurs qui nous suivent pour faire reconnaitre le territoire et pensent à un complément de revenus. » 

Et l’aval ? Les projets de commercialisation sont nombreux, de la vente directe (bientôt au marché des Lices, à Rennes), à l’étalage dans les gondoles des commerces alimentaires.

À lire aussi

De la corolle au réfractomètre

Entre les deux, l’association multiplie les innovations. « Nous travaillons par exemple sur la mécanisation. Comment récolter facilement les pommes, à l’aide de corolles ». Comment aussi mécaniser la ramaougerie, ce brassage de la pomme et du cidre qui dure vingt-quatre heures. Encore plus pointu : « nous utilisons depuis peu des réfractomètres, pour mesurer le sucre dans la pomme. Car on s’aperçoit que des pommes acidulées au goût gagnent en sucre à la cuisson. Cela revisite complètement notre façon d’appréhender certaines variétés… »

Un territoire à arbres fruitiers ?

Les Ramaougeurs pensent beaucoup à l’avenir de leur pomme. Y compris en regardant le thermomètre. Le réchauffement climatique, ils connaissent:

« C’est simple : cette année nous avons un mois d’avance pour la fabrication du pommé. Nous avons commencé fin août ! Tout est avancé. On n’imagine pas ce qui va se passer dans dix ans. Notre territoire pourrait bien devenir un territoire à arbres fruitiers ». 

Pays à pommes, Hubert Laizé y croit. Depuis plus de dix ans lui et son épouse Marie-Claude proposent leur pommé maison aux touristes qu’ils accueillent en chambres d’hôtes. Naturel, pour cet ancien pâtissier, revenu au pays après trente ans d’absence.

Il raconte :

“J’ai été compagnon du devoir. J’ai donc fait mon tour de France. puis Marie-Claude et moi avons tenu une pâtisserie à Tours, avant de nous installer ici pour la “retraite”. Je suis né à un kilomètre d’ici, mes parents avaient une ferme. » 

L’homme est présenté comme le Monsieur pommé  de l’association. Il est parti trente ans mais avait gardé en lui une image en tête : celle de sa grand-mère ramaougeant le pommé dans sa cheminée ! Sans étiquette, à l’époque.

Une fête samedi à Fougères

L’association Les Ramaougeries de pommé, la médiathèque La Clairière et le cinéma Le Club organiseront le samedi 10 octobre à Fougères une fête du pommé. Sur l’esplanade des Chaussonnières, fabrication et vente de pommé et de jus de pomme avec la Mouvipress. Pour venir presser ses pommes, inscription obligatoire  sur mouvipress.fr, tel : 06 72 28 77 56.
A 18 h, ciné-rencontre autour du film de Catherine Peix, Les Origines de la pomme, en sa présence, au cinéma Le Club.

Laisser un commentaire