La nourriture autrefois était très différente de celle que nous connaissons aujourd’hui. En milieu rural, on se nourrissait principalement des produits de la terre qui étaient transformés sur place. Chaque saison connaissait son lot de traditions et le pommé était l’occasion en automne de se réunir entre voisins pour travailler bien sûr, mais aussi faire la fête, chanter, boire et danser. Le pommé constituait le dessert de l’hiver et se consommait environ de novembre à avril et toute l’année pour diverses préparations.

Jusqu’au lendemain de la seconde guerre mondiale, les ramaougeries, nom gallo donné à l’occasion de la fabrication du pommé, ont connu un grand succès en Haute-Bretagne. Pendant la guerre, le pommé, aussi appeléle beurre du pauvre, servait à remplacer le beurre, lui-même devenu rare et par conséquent ayant une grande valeur marchande. La ramaougeriede pommé se déroulait de ferme en ferme, tant que l’on pouvait faire du cidre doux, c’est-à-dire en octobre et novembre.

1 -Qu’est-ce que le pommé?

Une sorte de marmelade obtenue avec des pommes et du cidre doux.

La veille de la cuisson du pommé, une équipe de personnes, famille, voisins, se retrouve pour ramasser, éplucher, épépiner des pommes douces coupées en petit morceaux.  Les hommes sont plutôt occupés à presser le cidre.

Le cidre doux est mis à chauffer dans un grand chaudron en cuivre, appelé péle, posé dans l’âtre sur un trépied afin qu’il réduise. Le feu doit être constamment entretenu et surveillé pour que la chaleur soit régulière.

Les pommes sont versées régulièrement dans le cidre et remuées, sans arrêter pendant 24 heures, pour obtenir le fameux pommé. Il est indispensable de ramaouger (mélanger en gallo) en permanence à l’aide d’un ribot, long manche en bois pourvu d’une raclette ovale, pour éviter que le pommé n’adhère à la péle et qu’ainsi, il ne soit brûlé. Le pommé est cuit lorsque le ribot tient seul debout au milieu de la péle. (Lire la suite…)

La péle en cuivre
Un jeune « ramaougeur »

Michel LEVERRIER

Diplôme d’Études Celtiques, Université de Rennes 2, CS 24307 – Place du recteur Henri Le Moal, 35043 Rennes Cedex